Passion amphibiens bretons (2018)

Cet article retrace les excursions réalisés avec Romain (hiver), ainsi que celles que j’ai effectuées seuls ou accompagnés avec d’autres personnes (printemps et automne). On y observe une nette progression de la qualité des photos et des observations !

Nous trouvons important de préciser nos « méthodes » et qu’aucune espèce protégée n’a été manipulée (sauf en cas de sauvetage routier). Dans un soucis de respect de l’animal principalement (nous n’avons pas les autorisations nécessaires, mais nous n’en avons pas l’utilité). En effet, avec Romain, on s’interdit cette pratique et nous préférons mille fois les photos prises « sur le vif », de l’animal dans son milieu (avec ses libertés de comportements et de déplacements), qu’une photo naturaliste « montée ». C’est pourquoi, dans la majorité des cas, nous ne prenons que quelques photos par individu. Pour limiter le dérangement. À partir d’octobre, le protocole est le suivant :

  • 3 photos maximum par individu (ça ne veut pas dire que l’on est obligé d’en prendre 3)
  • Prendre en photos uniquement les individus photogéniques (faire la fine bouche)
  • Dès que l’animal est en déplacement arrêter les photos
  • Éclairer en un minimum de temps l’animal

Mission amphibiens – épisode 1 (19/01)

Les partiels enfin derrière nous, Antoine et moi étions bien motivés pour une première sortie commune pour bien attaquer 2018. La douceur de ce début d’année nous laissait espérer de belles rencontres côté amphibiens. Nous n’avons pas été déçus.

Si tôt les cours terminés en ce vendredi de rentrée, nous prenons la route direction Québriac pour une prospection des mares qu’Antoine connait bien. Nous avons croisé de nombreux urodèles : beaucoup de tritons palmés, plusieurs larves de salamandres et quelques beaux tritons marbrés (une première pour moi !). Pas de salamandres adultes en revanche, ni d’anoures excepté quelques pontes.

Les conditions de photos étaient loin d’être excellentes (lumière, couleur de l’eau, turbidité…) mais nous avons tout de même réussi à ramener quelques clichés.

Mission amphibiens – épisode 2 (21/01)

Épisode 2 de notre campagne hivernale de recherche d’amphibiens ! Pour cette seconde sortie de l’année (et du week-end) nous avons pris la direction de la forêt de Paimpont. Après la petite déception de vendredi soir, où nous n’avions pas pu observer de salamandres tachetée adulte, nous étions deux fois plus motivés pour enfin rencontrer cette espèce. Ce fut le cas, et de quelle manière…

Antoine

En tout, 13 salamandres tachetées terrestres (dont 1 adorable immature), un nombre incalculables de larves de salamandres, une vingtaine de tritons palmés, une trentaine de crapauds, et une petite dizaine de tritons alpestres. Au total, 6h de prospection nocturne (il a bien fallu rentrer à un moment, à notre grand regret…) le tout accompagné par le chant d’une chouette hulotte. Retour en images sur une soirée de folie…

Nous fîmes rapidement nos premières observations : un beau petit crapaud, puis deux tritons palmés mâles dans une flaque peu profonde, nous permettant de réaliser de belles photos.

Nous enchaînons ensuite avec un peu de « spéléologie » (l’appel de l’aventure !!)  dans ce que nous baptisâmes les gorges de Paimpont. Cette exploration nous permis de voir de nouveaux crapauds, et notre première salamandre adulte tant attendue !

Ensuite, ce fût la découverte pour moi du triton alpestre, espèce dont je suis littéralement tombé sous le charme.

Puis nous avons observé un comportement pour le moins étonnant chez un triton palmé qui était agrippé à un tronc, à quelques centimètres du sol. Un triton arboricole oui oui ! Cela nous a bien amusé.

Nous avons continué notre chemin et sommes tombés sur deux belles salamandres, peu actives car nous les avons retrouvés exactement sur les mêmes feuilles une heure plus tard.

Nous arrivons alors à la grosse mare du secteur, qui devrait concentrer, on l’espère, une grande densité d’amphibiens. Bingo : nous observons une salamandre adulte (sûrement une femelle venant mettre bas dans l’eau) traversant l’étang à la nage, un peu à la manière d’un crocodile en balançant la queue, pattes repliées le long du corps, mais aussi de nombreux crapauds dans et/ou hors de la mare, des tritons palmés, 2 tritons alpestres, des larves de salamandres… Un triton palmé dressé sur ses 2 pattes arrières qui se penchait en avant dans le vide et finit, inévitablement, par chuter nous amusa beaucoup. Après le triton palmé arboricole, le triton palmé équilibriste ! Décidément, voici une espèce bien facétieuse.

Après un bref « repas » au bord de la mare, nous nous décidâmes à amorcer le trajet retour vers la voiture, l’heure (et la nuit !) avançant grandement.  Et là, énième surprise éthologique de la soirée : une salamandre qui grimpe sur un tronc. Non mais je veux dire, qui GRIMPE réellement ! Pas juste comme le triton palmé, à quelques cm du sol non non. Là, elle se trouvait à une bonne vingtaine de cm du plancher des vaches et semblait décidée à poursuivre son ascension. Avec ses petits doigts dodus sans griffes, c’est à se demander comment elle faisait. Les urodèles sont décidément de drôles d’animaux…. Tout près de la voiture, nous croisons également une salamandre immature : elle est en phase terrestre et n’est plus une larve aquatique avec des branchies. Alors que les autres spécimens de la soirée faisaient environ 15 cm, elle ne devait en faire que 5 ! Une toute petite et toute mimi en somme, avec sa robe ponctuée de ronds jaunes.

Enfin, quelques lignes inévitables sur un phénomène qui vient noircir le tableau : l’écrasement routier des amphibiens. Il faut savoir que toutes ces magnifiques espèces se déplacent lentement. Très lentement. Hors durant leur période de reproduction, elles entament des migrations pour soit trouver un partenaire sexuel, soit un lieu de ponte propice… Dans tous les cas elles sont amenées tôt ou tard à traverser une route (même en forêt de Paimpont oui oui), et là malheureusement c’est l’hécatombe. Trop lents, surpris par ce nouveau revêtement, voitures arrivant trop vite… Des milliers d’amphibiens meurent chaque année par écrasement, et c’est d’autant plus alarmant que leurs effectifs sont en déclin constant. Nous connaissions l’ampleur du phénomène, mais voir de nos propres yeux des dizaines de crapauds, de tritons écrasés sur une petite dizaine de mètres nous a alarmés. Il faut développer des solutions efficace permettant aux amphibiens d’effectuer leurs migrations sans risques, comme peuvent l’être les crapauducs par exemple.

Mission amphibiens – épisode 3 (24/01)

Déjà le troisième épisode de notre campagne hivernale de recherche d’amphibiens en une semaine… Un mois de janvier bien rempli en somme. Direction Paimpont cette fois encore, où la pluie fine qui tombe en ce début de soirée nous laisse espérer des densités d’amphibiens encore plus importante que dimanche soir.

Et en effet, les chiffres donnent le vertige : 98 salamandres en phase terrestre, plus de 130 crapaud, 12 tritons alpestres, 10 tritons palmés et 2 grenouilles agiles observés, en 8h de prospection nocturne. Rien que ça.

Voir autant d’amphibiens nous a fait plaisir, et nous n’avons prospecté qu’un tout petit bout de la forêt de Paimpont : on ne peut donc que spéculer sur le nombre réel d’anoures et urodèles dans le secteur ! Nous vîmes également de nombreux amplexus (technique d’accouplement des amphibiens avec le mâle agrippé au dos de la femelle) de crapauds dans l’étang du Pas du Houx, et quelques brochets en surface, toujours accompagné au cours de la soirée par le chant rassurant de 2 chouettes hulottes.

Triton alpestre – mâle

Zoom sur la salamandre tachetée

Grenouille agile et troglodyte mignon (15/03)

Excursion nocturne à la Balusais et au Sud-Ouest de Rennes. La soirée a commencée avec une riche abondance de grenouille agile à la Balusais. Nous avons observés du triton marbré et du triton palmé. À notre grande surprise, nous avons surpris un troglodyte mignon en train de dormir ! Nous avons activé le mode silencieux de nos appareil et de notre bouche pour ne pas le déranger. La pluie n’était pas au rendez-vous. Nous n’avons pas observé grand chose au Sud-Ouest de Rennes…

Grenouille agile
Grenouille agile

Rainettes vertes à Saint Jacques de la Lande

Pendant quelques soirées, je suis sorti à la recherche de rainettes vertes. En ce début de printemps, on entendait les mâles chanter avec énergie. C’est arrivé sur le marécage, que l’on se rend contre de la puissance sonore de ces petites grenouilles. Malgré le brouhaha, il est très difficile de voir les rainettes vertes. Et après 2h, le vacarme devient assourdissant.

Romain m’a rejoint pour observer ces magnifiques anoures. Verts et gris (elles changent de couleur en fonction de leur humeur), les mâles défendent leur territoire. Celui-ci est composé d’un jonc entouré d’eau. Les rainettes étaient accompagnées par quelques grenouilles de Lessona et des tritons crêtés.

Rainette verte

Redécouverte d’une population de salamandres

La lagune de Québriac est située juste à côté d’un bois. Un ruisseau entouré de saules s’écoule non loin et de temps en temps, inonde la prairie marécageuse. Plus loin, se trouvent les douves du château et un bosquet. C’est dans la prairie que j’ai eu ma première rencontre avec une larve de salamandre (en 2012 si ma mémoire est bonne). Je me doutais qu’il y en avait dans la zone (le milieu correspond bien aux besoins de l’espèce). Un voisin de cet espace me racontait qu’il y avait souvent, quelques années auparavant des salamandres qui venaient hiverner dans son jardin. L’hiver qui suit, je me suis empressé de soulever, branches, pots de fleurs et dalles dans son jardin pour essayer de voir cet animal qui me fascine tant. Surprise ! Aucune salamandre, mais des amphibiens que je n’avais jamais observés : le triton marbré, le triton alpestre et le triton palmé. Après quelques lectures, je constatais que ma conduite envers ces animaux en hivernation n’était pas la plus respectable. En effet, c’est à la saison de migration entre le site de reproduction et d’hivernation (de jour ou en fin de journée), que l’observateur est le moins dérangeant pour l’animal. Le mieux étant le sauvetage routier nocturne qui permet d’observer les amphibiens de très prêt en les aidant à traverser la route.

Entre 2012 et 2018, je n’ai fait aucune observation de tritons ou de salamandre dans ce secteur (y allant plusieurs fois par an).

C’est en février 2018 que j’y suis retourné de nuit (les chances de voir des amphibiens sont plus grandes la nuit). La lagune étant entourée de ronces, il est impossible d’y accéder. J’ai alors traversé le bois, puis la prairie, je suis arrivé aux douves du château. Des tritons marbrés y nageaient, tandis que je me retrouvais entre 2 sangliers (tous deux hurlants la mort, à glacer le sang). Ne cherchant pas à plus les déranger, je m’aventure dans le bosquet pour faire le grand tour et rejoindre la route. C’est alors qu’une petite merveille croise mon chemin, une authentique salamandre tachetée québriacoise (adulte) ! Malheureusement, je n’avais pas pris l’appareil photo…

Début octobre, enfin de la pluie ! Les amphibiens commencent à sortir de leurs cachettes. 17h sous l’eau, je décide de me rendre dans le bois de la lagune. Appareil photo à la main (avec mon nouvel objectif macro et la housse protection pluie). J’ai pris soin d’ajouter un diffuseur et un filtre jaune au flash pour que la lumière soit moins agressive pour les amphibiens. C’est au moins 8 salamandres que j’observe de jour en moins d’une heure. Un peu triste de ne pas partager cette petite « redécouverte » de cette population de salamandre avec Romain qui est parti au pays des crapauds verts.

Une semaine après cette découverte, je décide d’y retourner. Toujours avec le même succès ! J’y ai même fait la rencontre d’une femelle triton marbré en phase terrestre. Elle était en migration vers ses quartiers d’hiver.

Une salamandre a retenu mon attention en regardant les photos, elle a le visage déformé au niveau du museau. Comme s’il était plus court que la moyenne et séparé par une crevasse. Une illusion d’optique ? Mystère…

Dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier

C’est dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier que je soupçonnais la présence d’une population de salamandres tachetées. En effet, le milieu est parfait pour ces animaux. Une forêt de feuillus (hêtraie), avec quelques conifères à certains endroits et des ruisseaux forestiers. Je m’y suis rendu en fin de journée, profitant des premières pluies d’octobre. Les salamandres étaient au rendez-vous ! 42 individus la première soirée et 53 la deuxième.

Je me suis imposé un protocole photographique pour les perturber le moins possible. Je me suis limité à 3 photos par individu (j’en prenais 2 en général). De plus, une salamandre en mouvement n’était pas photographiée.

Salamandre tachetée

En plus des salamandres, j’ai pu observer un crapaud, escaladant 2 troncs d’arbre à la verticale. Cet anoure était à une hauteur de 80 cm ! Plutôt impressionnant pour un crapaud.

Crapaud (Bufo sp.)

Quelques jours plus tard, ce n’était pas un crapaud qui grimpait dans un arbre, mais bien une salamandre, à 60 cm de hauteur ! Elle triple le recors d’escalade (détenu précédemment pas celle de Painpomt).

Salamandre tachetée

Une grenouille agile et un tritons marbré juvéniles ont également croisés mon chemin.

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2 Commentaires

  1. Belle photographie Merci du partage

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