4 mois dans le parc national des Cévennes


Le parc national des Cévennes est un site classé par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité en tant que « paysages culturels de l’agropastoralisme méditerranéen ». Il se prête particulièrement à l’observation de la nature. Le parc possède plusieurs caractéristiques qui lui sont propres. En effet, il est le seul parc national français situé en basse montagne (1 200 mètres) et à être habité et exploité par ses habitants (agriculture). Le paysage a été façonné par les bergers et leurs moutons. Le parc regroupe des paysages magnifiques et typiques de la région. Forêts de conifères et de feuillus, prairies sèches et humides, coteaux rocheux, falaises, lacs, ruisseaux et rivières constituent la diversité des biotopes du parc. C’est ici que les vautours prennent leur envol, à la recherche de carcasses de moutons par exemple. Les espèces de papillons sont nombreuses, leurs couleurs sont souvent éclatantes. Des lézards se dorent au soleil sur les rochers et depuis peu, les cigales chantent sur le causse.

4 mois dans les paysages cévenols

Je suis parti 4 mois (travaillant au Camping la Cascade), à la recherche des animaux qui se cachent dans le parc national des Cévennes. Equipé de mon nouveau boîtier, j’ai sillonné la région pour dénicher des espèces que je n’avais jamais vu et que je rêvai de photographier. J’ai commencé mes excursions dans les endroits que je connaissais et que j’avais déjà explorés quelques années auparavant : le balcon du vertige, le lac des Pises, le chaos de Nîmes le Vieux, Jontanels, les puechs des Bondons

Après quelques semaines, je décide de chercher des zones propices à l’observation d’odonates et de lépidoptères. Tout en espérant croiser quelques reptiles et oiseaux. C’est à Lanuéjols que je me suis rendu en premier. J’y ai trouvé une magnifique prairie avec une multitude d’espèces d’insectes.

Je me suis rendu à l’étang de Barrandon par la suite. Il s’agit d’une vaste étendue d’eau entourée par des tourbières, des landes et des prairies, elles-mêmes entourées par une forêt de pins. Ce petit bout de Lozère me rappelle la Bretagne. On peut y observer la vipère péliade et le lézard vivipare. Cet étang regorge de vie, malgré l’activité humaine journalière.

Le balcon du vertige

Le balcon du vertige est endroit spectaculaire qui se trouve juste à la limite du parc national des Cévennes ! C’est ici que les vautours s’envolent sous nos pieds.  La proximité avec ces oiseaux est donc incroyable. C’est l’endroit parfait pour les prendre en photo et les observer. 

Il n’y a pas que des vautours ici. Les lézards et d’autres oiseaux (Monticola solitarius par exemple) peuvent être observés sur ce point de vue et tout au long du chemin qui y accède.

Au balcon du vertige, il y a toujours une proximité incroyable avec les vautours. Cette année, à chaque fois que j’y étais, j’avais la chance d’observer les vautours fauves, mais aussi un ou deux vautours moines et surtout le vautour percnoptère.

Un faucon pèlerin (Falco peregrinus) en chasse s’est même suffisamment approché pour quelques photos.

D’une envergure de 2,60 mètres, le vautour fauve (Gyps fulvus) est un grand rapace sillonnant les causses à la recherche de carcasses.

Gyps fulvus
Gyps fulvus

Encore plus grand, le vautour moine (Aegypius monachus) peut atteindre une envergure de 2,95 mètres.

En face du camping la Cascade (Salvinsac)

En face du Camping la Cascade se dressent des falaises calcaires datant du Jurassique. 

Vue au-dessus de Salvinsac
Vue au-dessus de Salvinsac

Sur le chemin, nous pouvons observer une multitude de papillons. Au-dessus de nos têtes volent des insectes aux ailes jaune et noir. C’est quand il se pose sur une brindille, qu’il est possible de les photographier. Cet insecte est l’ascalaphe soufré (Libelloides coccajus). Une curiosité de la nature française que j’avais déjà quelques années auparavant dans le Lot. Quelle joie de les voir si prêt de mon lieu de travail saisonnier. 

Libelloides coccajus
Libelloides coccajus

En continuant sur le chemin pierreux, quelques lézards fuient dans les buis et avec un peu de chance, un gypaète barbu (Gypaetus barbatus) pourrait même voler au-dessus de votre tête.

Le lieu-dit se nomme « Salvinsac » et regroupe une belle diversité de milieux et donc d’espèces. Falaise, collines enherbées, coteaux rocheux, forêt, et prairies humides, sont des refuges pour la faune cévenole.

Limenitis reducta
Limenitis reducta
Papilio machaon - chenille
Papilio machaon – chenille

Le chaos de Nîmes le Vieux

Rares sont les points d’eau présents sur le chaos de Nîmes le Vieux. Chaque point d’eau constitue alors une zone riche en biodiversité. Des animaux viennent boire, d’autre pondre ou encore se nourrir. J’ai pu observer de nombreuses émergences de libellules déprimées (Libellula quadrimaculata). 

Le 8 juin, en fin de journée au chaos de Nîmes le vieux, un peu de vent compliquait la prise de photos. Avec de la patiente je suis arrivé à quelques résultats plaisants. J’ai principalement observé des lépidoptères lors de cette balade, dont beaucoup de zygènes (parfois 6 sur la même inflorescence).

Jontanels et Chaos de Nîmes le Vieux, le 2 juin

Une journée bien remplie ! Et pourtant je n’ai pas beaucoup marché, peut-être 5 kilomètres. Je suis d’abord allé à Galy, au Chaos de Nîmes le Vieux pour observer et photographier les odonates de la mare. Les libellules étaient en grand nombre par rapport aux agrions. J’ai eu la chance d’observer une émergence d’anax empereur (Anax imperator).

Libellula depressa
Libellula depressa

C’est à Jontanels que je me suis ensuite rendu. Ici l’herbe est envahie de tiques, j’étais obligé de m’arrêter tous les 10 mètres pour les retirer de mes chaussettes montantes. Malgré cette contrainte, je suis parti à la recherche de lépidoptères sur les bords du chemin.

Boloria euphrosyne
Boloria euphrosyne

Jontanels est un petit village exceptionnel pour l’observation des insectes, et en particulier celle des lépidoptères. Des dizaines de gazés (Aporia crataegi) volent de fleurs en fleurs le long des chemins.

Avec un peu de chance il est possible de voir des semi-Apollons (Parnassius mnemosyne) se chauffer au soleil le matin. J’ai eu l’occasion de voir des comportements intéressants et de les photographier. Par exemple la tentative d’accouplement d’un gazé sur une femelle semi-Apollon, mais aussi l’accouplement de deux gazés, peu après que la femelle soit sortie de sa chrysalide…

Ce site est propice à l’observation de reptiles, tel que la couleuvre vipérine (Natrix maura) et le lézard à deux raies (Lacerta bilineata).

Aporia crataegi
Aporia crataegi

Au lac des Pises, le 26 juin

Je ne me suis rendu seulement deux fois au lac des Pises cet été. C’est pourtant un écosystème riche en biodiversité. On y trouve une forte concentration et une belle diversité d’odonates. Le lac est entouré alimenté par un ruisseau et est entouré par des prairies, deux mares et une forêt.

Lac des Pises
Lac des Pises

La difficulté pour les photographes d’insectes est la présence de vent assez fort. Il est possible de trouver des zones protégées où le vent est moins puissant, notamment près du pont en bois.

Quelques photos prises aux bondons

Entre les puechs des bondons, dans les valats, quelques animaux discrets s’épanouissent…

Cordulegaster bidentata est un grand odonate facile à observer dans les valats. Il se pose souvent sur la maigre végétation des berges des ruisseaux.

Cordulegaster bidentata
Cordulegaster bidentata

L’étang de Barrandon du mois de juin au mois d’août

L’étang de Barrandon est une vaste étendue d’eau entourée par des tourbières, des landes et des prairies, elles-mêmes entourées par une forêt de pins. Ce petit bout de Lozère me rappelle la Bretagne.

On peut y observer la vipère péliade et le lézard vivipare. Cet étang regorge de vie, malgré l’activité humaine journalière.

Sympetrum flaveolum
Sympetrum flaveolum

Lanuéjols au mois de juin et de juillet

La diversité d’espèces présentes à Lanuéjols est impressionnante. En effet, dans ce petit bout de prairie, vivent de nombreuses espèces de lépidoptères, reptiles, coléoptères et ascalaphes. À chaque fois que je m’y rendais, je pouvais observer de nouvelles espèces.

Libelloides longicornis
Libelloides longicornis

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