La faune du Forez (2019)


Depuis février 2019, je suis stagiaire pour FNE Loire (France Nature Environnement Loire). Ma mission est d’inventorier les amphibiens présents sur 3 communes du département de la Loire ; Mornand-en-Forez, Saint-Paul-d’Uzore, Pralong. Le pôle conservation de l’association est situé à l’Ecopôle du Forez. Il s’agit d’une ancienne gravière exploitée après la seconde guerre mondiale pour les rénovation ferroviaires, routières et d’habitations. Le site a été restauré en une réserve de 150 ha pour le retour de la faune et de la flore. Il est accessible au public et permet d’observer facilement plantes et animaux.

Lors de mes jours de repos, je pourrais faire quelques excursions sur ce site protégé et dans les parcs naturels régionaux (Forez et Pilat).

Sauvetage d’amphibiens à l’Ecopôle du Forez

C’est par une douce soirée de février, que je suis sorti à la recherche des amphibiens qui peuplent les mares de l’Ecopôle du Forez.

Grenouille rieuse

Poussé par la curiosité, j’ai jeté un coup d’œil dans un système d’évacuation d’eau de pluie. J’y ai découvert une bien triste scène : 14 grenouilles rieuses, 14 tritons palmés et 1 triton alpestre y étaient piégés. Le trou étant profond et recouvert par une grille, il était impossible pour eux d’en ressortir. En m’approchant de cette geôle, une odeur putride me brûlait le nez. Il y avait 4 grenouilles probablement mortes de faim. Une adulte était très amaigrie et donnait encore quelques signes de vie, malgré une patte nécrosée…  

Un sauvetage s’imposait pour les amphibiens survivants, qui ont été déplacés au bord de la mare la plus proche. Dans l’attente d’une solution, d’autres sauvetages ont lieu. En avril c’est au tour d’une jeune couleuvre à collier (couleuvre helvétique) d’être prisonnière.

Insectes d’hiver

En Février, les températures sont supérieures aux normales de saison. Les insectes ne perdent pas de temps pour en profiter. Nombreuses sont les grandes tortues (le papillon) à se dorer au soleil sur les arbres. Quelques brunettes hivernales volent de branches en branches, tandis que les abeilles domestiques butinent les saules fleuris. Les osmies rousses s’activent et commencent à construire leur nid dans les anfractuosités rocheuses ou dans les hôtels à insectes.

Grenouilles agiles en reproduction

Début mars, les grenouilles agiles sont en pleine période de reproduction. Je me suis rendu à la Caille, qui est un site de l’Ecozone (propriété de FNE Loire) regroupant un boisement, des mares et une prairie. Au crépuscule aucune grenouille n’était présente aux abords des mares. En continuant les recherches, j’ai pu constater qu’il y avait déjà 14 pontes réparties dans 2 mares voisines. Finalement, des grenouilles agiles sortent quelques minutes après la tombée de la nuit. Les mâles prennent place et commencent à chanter…

Des crapauds calamites !

À la recherche de grenouilles agiles, je parcours le site d’une ancienne carrière pendant une bonne heure. J’observe quelques pontes, une petite grenouille rieuse et une grenouille agile (la seule de la soirée).

C’est au moment de repartir que j’aperçois, sur la route, des silhouettes d’anoures. J’étais loin de me douter qu’il s’agissait de crapauds calamites ! C’était la première fois que je voyais cette espèce, équipé de mon appareil photo. Je réussi à photographier 2 adultes et un jeune crapaud.

Crapaud calamite

Impossible de rester plus longtemps à cet endroit. Un coup de fusil a été tiré non loin de moi, en pleine nuit. Certainement pour m’intimider et m’éloigner des habitations.

Je suis donc parti en direction de l’Ecopôle du Forez. À moins d’une minute de la destination, ce ne sont pas 1, ni 2, mais bien une quinzaine de crapauds calamites qui déambulaient sur la route. Une belle observation que j’aurais aimé partager avec d’autres naturalistes.

Excursions diurnes et nocturnes sur un écopont

En mars, j’ai effectué 3 sorties nocturnes accompagné de Mélanie (chargée d’étude sur les amphibiens, reptiles et mammifères), Aline (volontaire action conservation) et Théo (stagiaire entretien). Ces excursions sur l’écopont avaient pour but d’inventorier les amphibiens présents sur ce passage à faune. Le milieu est plutôt sec et les amphibiens peu nombreux. Nous avons pu observer quelques grenouilles agiles dans les mares (en reproduction), des grenouilles vertes et des tritons palmés. Une petite surprise nous attendait : un crapaud calamite qui se promenait sur un hibernaculum. De plus, un micro-mammifère était bien curieux de nous voir et s’est laissé photographier.

En avril, les sorties nocturnes se poursuivent. Nous avons eu de belles observations : 2 rainettes vertes et de nombreux crapauds calamites. Ces derniers chantaient en coeur dans une des mares. À chaque approche, le seul bruit que l’on pouvait entendre était celui des anoures plongeant dans l’eau…

En journée, l’inventaire naturaliste est consacré aux reptiles.

Ainsi, quelques orvets, lézards des murailles et lézards verts sont observés. Un jeune lézard gris (synonyme de lézard des murailles), sortait d’un trou de micro-mammifère. Après avoir pris la position d’un lion surveillant son territoire, ce saurien s’est jeté sur une fourmi rousse qu’il avala aussitôt.

Lézard des murailles

Au mois de mai, nous avons effectué la dernière série d’inventaires d’amphibiens sur l’écopont. Les nuits étaient plutôt douces (10°C) et accompagnées d’une lune lumineuse. Nous avons observé des rainettes vertes, un mâle chantait. Après plusieurs tentatives, j’ai réussi à le photographier avec le sac vocal gonflé.

Une observation qui sort de l’ordinaire : un lézard vert occidental (Lacerta bilineata) se déplaçait dans les herbes en pleine nuit.

La photographie nocturne ce n’est pas que des amphibiens. La nuit, les insectes diurnes dorment dans les herbes, l’occasion de les photographier sans qu’ils ne s’envolent. Pour les araignées c’était une autre histoire… Nous avons eu la chance d’en observer en accouplement.

Les papillons diurnes (Rhopalocères) ont eux aussi eu le droit à quelques clichés. Notamment cette magnifique mélitée du plantain. La nuit permettait aussi d’utiliser le noir ou des teintes de sombre en arrière-plan, ce qui donne une certaine originalité aux photos.

Gros plan sur le lézard des murailles (Podarcis muralis)

Ce lézard des murailles mâle n’était pas farouche et échangeait même quelques regards avec mon objectif. On peut voir que ses écailles se colorent de rouge au niveau de sa gorge et de sa mâchoire inférieure. Cette coloration à but reproductif permet de distinguer le mâle de la femelle.

Lézard des murailles – mâle

Le long de la Loire

La Loire est le plus long fleuve de France. Sur son cours, on trouve une grande diversité de zone humides et d’habitats favorables aux espèces dulcicoles. Le castor européen y a été réintroduit avec succès. 

Se chauffant au soleil sur une renouée du Japon, cette rainette verte n’échappe pas à mon œil averti. Au vu de sa rondeur, il s’agit certainement d’une femelle pleine d’œufs. Quoi qu’il en soit, sa position décontractée me fait sourire.

Rainette verte

Ce sont ensuite des lézards des murailles et de nombreuses abeilles qui ont croisé mon chemin. Dont une abeille charpentière qui butinait sur les lamiers pourpres et qui avait la tête orange à cause du pollen.

Lors d’un tour de l’Ecopôle du Forez, nous avons photographié (avec Océane Anty) une petite grenouille rieuse sur le chemin.

De retour à la Nef, nous pouvons observer les oiseaux, comme ce héron cendré immature par exemple.

En avril, je profite d’une journée de repos pour photographier les insectes du printemps. Le soleil est au rendez-vous. C’est dans les zones les moins exposées au vent que j’ai pu prendre quelques belles photos.

En fin de journée, j’ai pu photographier cette carte géographique (Araschnia levana) de première génération. Les individus nés au printemps ont le dessus des ailes orange et noir. Ceux nés en été (deuxième génération) ont le dessus des ailes noir avec des bandes blanches.

Carte géographique

L’eau des mares se réchauffe sous les rayons du soleil. Il est temps pour les odonates précoces d’émerger. C’est à la mare de l’Ecopôle que j’observe avec Océane mes premiers zygoptères de l’année. Les ischnures élégantes étaient posées sur les feuilles d’iris et se laissaient facilement approcher. Après avoir effectué le tour du point d’eau et croisé quelques arthropodes, nous avons longé le chemin qui mène au pré aux moutons. Quelques tircis (papillon) hésitaient à se poser. Lorsqu’ils avaient pris leur décision, il était impossible de s’approcher sans les voir s’envoler un peu plus loin. Un peu déçu par ce manque de coopération, nous nous sommes arrêtés sur une pelouse fleurie, où volaient de nombreux papillons. Parmi eux, un machaon et un magnifique Argus vert (Téchla de la ronce). Océane s’est mise à la poursuite de ce dernier, sans succès…

Pour cette série de clichés, j’ai pris soin de mettre en valeur la toile de fond dessinée par les feuilles d’iris. Le résultat me plait beaucoup et je compte bien continuer dans ce style de photographie. Qu’en pensez-vous ?

Des limnées rampaient jusqu’à atteindre l’apex des feuilles, puis rentraient dans leur coquille.

Quelques diptères se posaient à la verticale, la tête orientée vers le sol. Il s’agit de Sepedon sp. dont la larve est parasite des escargots d’eau douce (limnées).

D’autres insectes se déplaçaient sur la végétation aquatique. Il était possible d’observer une « mouche-scorpion », le panorpe (Panorpa sp.) et un insecte sauteur, le cercope sanguin (Cercopis vulnerata).

La petite Motte est une zone humide bordant la Loire regroupant des bras, ces étangs et une ripisylve luxuriante. Quelques indices de présence du castor européen tels que les coupes en crayon, les écorçages et des dépôts de castoréum sont présents sur les berges.

C’est dans la ripisylve que s’épanouissent de nombreux insectes : coléoptères, diptères, odonates…

Lors d’un après-midi consacré à la photographie de petits animaux, Nastasia et moi avons observé quelques Cantharis sp. grimpant sur l’apex des feuilles. Une armée de coccinelle était déployée sur les orties, à la recherche de pucerons. La coccinelle à 13 points étant une espèce que je n’avais jamais observé, qui pourtant semble être commune près des points d’eau.

Les recherches d’odonates étaient plutôt fructueuses. Ce sont une poignée d’individus de deux espèces qui volaient de feuille en feuille : l’ischnure élégante et la brunette hivernale.

Au mois de mai, les sorties à l’Ecopôle du Forez sont toujours accompagnées de belles observations. Par exemple cette superbe couleuvre verte-et-jaune qui se chauffait sur un tronc d’arbre couché.

Un matin, je me suis rendu dans une prairie de l’Ecopôle. Sur les herbes, des petits papillons bleus étaient posés. Ce sont des azurés communs. Avec la fraîcheur matinale, ils ne bougeaient guère. Cependant, le vent était une difficulté non négligeable. Entre les rafales, j’ai dû m’y prendre à plusieurs reprises pour avoir des photos nettes

Outre les papillons, quelques lézards ont croisés mon chemin. tandis qu’un écureuil me faisait tourner en bourrique autour d’un tronc d’arbre. J’ai retrouvé les bihoreaux gris aux endroits habituels

Combat de grenouilles rieuses ?! Les mâles chantaient en coeur à la surface de l’eau. J’étais loin de me douter que j’allais assister à quelques intimidations et parfois même à des « combats ». Certains mâles nageaient vers leurs congénères, puis sautaient dessus pour les faire couler ou pour les saisir en amplexus et les retourner.

Au vu de ces scènes, je me suis essayé à la vidéo animalière. Il y a encore quelques améliorations à faire, notamment au niveau du contrôle de la mise au point. Je suis tout de même satisfait du résultat, bien que j’aurais aimé filmer un combat plutôt qu’une intimidation.

Ce vieux machaon m’a permis de prendre de jolis clichés. Bien qu’en fin de vie, il reste toujours aussi beau et majestueux. J’ai fait plusieurs fois le tour de son perchoir pour le photographier sous tous les angles.

D’autres insectes s’épanouissent dans les prairies et dans les hautes herbes. La diversité d’espèce était plutôt élevée, s’y bien que j’y suis resté 3h bonnes heures.

De jour dans la plaine du Forez

Lorsque j’accompagne des salariés de FNE Loire ou d’autres stagiaires sur le terrain, il m’arrive de photographier les petites bêtes que nous croisons. Ces excursions me permettent aussi de voir de nouveaux paysages et écosystèmes du Forez.

Une des observations les plus marquantes est celle d’une couleuvre d’Esculape, une première pour Blandine (stagiaire), Mélanie et moi.

Une carrière est un milieu fortement anthropisé en constante transformation. Pourtant, des amphibiens arrivent à se reproduire au milieu de ce chaos de gravats et de débris rocheux. Une espèce en particulier maintient une belle population sur les lieux. Il s’agit du sonneur à ventre jaune !

C’est lors d’un inventaire sur ce site que j’ai pu photographier cette espèce et l’observer de très près ! Une première pour Aline et moi. L’inventaire consistait en une capture des individus pour prendre une photo du motif ventral, afin de les identifier et de suivre l’évolution de la population. Merci à Mélanie pour cette superbe excursion !

Ces petits anoures sont plutôt faciles à photographier. Ils restent le plus souvent en position statique ou plongent quelques secondes avant de revenir à la surface. Nous avons même assisté à un petit concert qui suivi d’un amplexus !

La séance photo se termine avec une autre observation intéressante avec ce grillon champêtre qui traversait un chemin de la carrière.

Grillon champêtre

Les arbres se couvrent de vert, les feuilles dansent avec le vent, des fleurs bleues et jaunes enluminent les prairies. Il n’y a pas de doute, nous sommes bien au printemps. Enfin un peu de couleur dans la plaine du Forez ! Les insectes sont de plus en plus actifs, et petit à petit, ce sont de nouvelles espèces que j’observe : Xylodrepa quadripunctata » et le bombyx de la ronce par exemple.

Lors d’une excursion, je me surprends à photographier des tiques. Des animaux que je n’apprécie guère. Posées à l’extrémité des feuilles de poacées, ces petits monstres avides de sang lèvent leurs pattes dans l’espoir de s’accrocher à un mammifère. En regardant leurs motifs et leurs couleurs, il est possible de leur trouver une certaine beauté.

Profitant d’une journée ensoleillée, les sonneurs à ventre jaune se prélassent au bord d’une mare située à Pralong. Elle est recouverte de Glyceria sp., une plante herbacée commune dans les milieux humides lentiques. Stoppant sa fuite, un sonneur s’est mis dans une position caractéristique de l’espèce : les pattes antérieures cachant ses yeux et ses pattes postérieures retournées sur son dos. Il s’agit du réflexe d’Unken, un comportement de défense visant à montrer aux potentiels prédateurs les parties du corps vivement colorées (qui signifie « attention, je suis toxique).

Sonneur à ventre jaune – réflexe d’Unken

Les dernières excursions à Pralong se concentraient sur la faune peuplant les prairies.

La chaleur nous permettait d’observer de nombreux reptiles. Une vipère aspic de coloris marron a été repérée par Aline. Plus loin sur le chemin, nous avons observé une vipère de coloris gris en thermorégulation sur les pierres. Je ne peux pas vous présenter de photo. En effet, ces animaux étant craintifs, ils fuyaient à chaque approche. Moins peureux, les lézards verts nous donnaient parfois le luxe de nous approcher et de prendre quelques clichés.

Lézard vert occidental

Ce mardi 7 mai, une libellule déprimée volait le long de la berge d’un étang mornandais. Appareil photo en main, je me suis empressé d’entreprendre une approche. J’ai d’abord pris des photos de loin, ce sont des « photos souvenirs » qui me serviront à confirmer l’identification de l’animal. Je me suis ensuite approché et pour prendre quelques gros plans.

Coraebus undatus est un coléoptère de la famille des Buprestidés. Les larves se développent dans les chênes et les adultes se nourrissent de pollen. J’ai eu l’occasion de photographier cet insecte et 2 ischnures à Saint-Paul-d’Uzore.

Cette matinée ensoleillée était consacrée à la photographie d’oiseaux d’eau et de libellules. À peine m’étais-je engagé sur le chemin que j’aperçois un héron pourpré ! Un oiseau que je n’avais jamais observé de si près. Il s’est envolé et s’est posé sur des saules morts avant de rejoindre un autre étang. Ravi de cette observation, je continuais ma balade photographique d’un pas décidé. Je me suis arrêté brusquement lorsque je vis un rapace en train de manger un poisson. Sa proie était un carassin que j’avais trouvé mort dans les algues et que j’avais déposé sur la berge, au plus grand plaisir des hérons. Finalement c’est un busard des roseaux qui en a profité.

Nous avons effectué un inventaire d’odonates autour de la commune de Charlieu. L’objectif était d’observer l’agrion de mercure (Coenagrion mercuriale) et l’agrion orné (Coenagrion ornatum), deux espèces patrimoniales en Loire. Il a fallu attendre le dernier transect pour voir nos premières libellules de la journée. Au nombre de 4, les nymphes au corps de feu volaient entre les hydrophytes d’une mare et quelques agrions orné étaient en émergence.

Alors que nous nous rendions d’un pas décidé vers une mare lorsque Mélanie me demanda de m’arrêter et de ne pas faire de bruit. Était-ce le taureau ou un autre animal ? Bien heureusement, nous avions affaire à un magnifique chevreuil. Nous sommes restés de longues minutes à l’observer et à le photographier.

Le vent était contre nous et nous étions positionnés à l’ombre. Ce brocard ne nous voyait pas et montait progressivement vers nous. Si bien que j’ai tenté une approche pour le voir de plus près. Il m’a aperçu une première fois et s’est contenté de faire le tour des buissons. Il m’a alors vu une deuxième fois et a fini par s’en aller dans la direction opposée.

Arrivés à la mare, c’était un sonneur à ventre jaune qui nous attendais !

Sonneur à ventre jaune

La détermination à prendre en photo d’autres sonneurs à ventre jaune ma mené à réaliser un suivi de population dans 2 carrières avec Mélanie, Aline et Maxime (stagiaire). La première carrière que nous avons prospectée était une carrière d’argile rouge qui sert à produire des briques.

Nous n’avons pas observé de sonneur à ventre jaune, mais une multitude de têtards de crapaud calamite.

J’ai eu l’occasion de photographier un portecoupe holarctique (Enallagma cyathigerum) posé sur une brindille. Ce fut mon premier de l’année !

C’est dans la deuxième carrière (production de gravier) que nous observons enfin des sonneurs à ventre jaune. Il s’agissait essentiellement de juvéniles, jusqu’à ce que Maxime trouve un adulte. Je me suis empressé de le photographier sous toutes les coutures.

Les marguerites ont fleuri, c’est l’occasion de photographier ses insectes pollinisateurs tels que les coléoptères. La trichie, un coléoptère aux allures de bourdons, est une habituée de ces fleurs.

Les insectes sont nombreux sur les corridors de Blandine ! Les prairies couvertes de fleurs y sont certainement pour quelque chose.

Excursions nocturnes dans la plaine du Forez

Le soleil se couche dans le Forez, les animaux du monde nocturne commencent à sortir…

Pendant les inventaires nocturnes d’amphibiens, nous avons l’occasion de photographier le monde de la nuit et les animaux qui le peuplent. Comme cette petite araignée (probablement de la famille des Amaurobiidae).

Araignée indéterminée

Lors d’une soirée pluvieuse, j’étais accompagné par Marie (chargée d’étude sur les odonates et botaniste) pour réaliser un inventaire d’amphibiens avec contact auditif et visuel. Nous avons observé une vingtaine de grenouilles rieuses et une rainette verte dans la première mare. La soirée commençait bien. En rejoignant le deuxième point d’eau, nous avons eu la chance de voir un hérisson. Arrivés au bord de la mare, ce sont d’autres grenouilles et rieuses et une rainette verte qui profitaient de l’humidité ambiante.

Après l’inventaire, je suis allé jeter un coup d’œil sur la route qui mène à l’Ecopôle. J’y ai dénombré 24 crapauds calamites, dont 6 adultes. Comme à leur habitude, ils traversent la route et vagabondent dans les fossés. Décidément cette route est très propice à leur observation.

Les soirées d’inventaires se poursuivent et nous apercevons (avec Océane et Amélie) quelques crapauds calamites, un attroupement de sangliers, une grenouille agile et des tritons palmés.

Grenouille agile

Un corps trapu, des glandes paratoïdes proéminentes, une peau granuleuse et l’oeil cuivré, nous avons affaire à un crapaud commun (Bufo sp.) lors d’un inventaire nocturne avec Mélanie.

Crapaud (Bufo sp.)

« C’est dommage, en 4 mois à chercher des amphibiens, je ne verrais pas un seul alyte accoucheur dans le Forez ». J’avais parlé trop vite. En effet, lors d’un inventaire nocturne dans une carrière. Avec Mélanie, Aline et un responsable de la sécurité, nous avons assisté à un concert donné par des petits crapauds : les alytes accoucheurs. Les « tuit » répétitifs raisonnaient sur les parois des fonds de taille. Difficile de localiser les auteurs de ce son.

Pourtant, près d’une mare temporaire nous arrivons à en localiser un. Une petite séance photo s’imposait.

Une deuxième sortie dans cette carrière nous a permis d’observer un crapaud commun (Bufo sp.) et des sonneurs à ventre jaune. Nous avons eu la chance de trouver un alyte accoucheur dans une anfractuosité rocheuse. On peut voir sur la photo qu’il y a des oeufs sur ses pattes postérieures. Il s’agissait d’un mâle. En effet, chez cette espèce, les mâles portent les oeufs jusqu’à leur éclosion. Ces soins parentaux assurent une meilleure survie des oeufs.

L’inventaire des amphibiens sur les corridors écologiques de Blandine s’est terminé avec une soirée pleine de surprises !

Alors que nous cherchions des amphibiens dans une mare, Aline avait surpris un énorme triton alpestre posé au fond de l’eau. Il était très sombre et au moins 3 fois plus gros que ses congénères. Blandine et moi, sommes arrivés sur place pour constater qu’il s’agissait en fait d’une femelle triton crêté. Quelle chance de voir cette espèce sur un corridor de Blandine !
Quelques pas plus loin et nous observions 2 mâles, dont un avec une crête très développée. Nous étions loin d’imaginer ce qui nous attendait dans le point d’eau suivant…

Les biologistes en action !

C’est en arrivant à une mare bordant la route, que nous avons observé une trentaine de tritons crêtés et une centaine de triton alpestres ! Nous étions impressionnés par une telle abondance. Les urodèles étaient dans l’eau et sur la terre ferme, ce qui m’a permis de prendre quelques photos. Une observation incroyable !

Triton alpestre – mâle

Nous avons également aperçu des tritons alpestres mâles en parure nuptiale se déplaçant au sol. Il pourrait s’agir de migration postnuptiale.


La galerie


Remerciements

Je tiens à remercier ma tutrice de stage Emilie JOLY, qui m’a conseillé et encadré, tout en me laissant une grande liberté dans l’organisation de mon emploi du temps. Ainsi mon « stage amphibiens » a été plus riche et diversifié en expériences que je n’aurais pu l’imaginer (inventaires reptiles, tonte des moutons, découpe de plaques reptiles, photographie…).  

Je tiens à remercier ma « tutrice de stage spirituelle » Mélanie HIGOA, d’avoir accepté d’être suivie sur de nombreuses zones d’études, de m’avoir fait confiance lors des inventaires et de m’avoir appris tant de choses. Merci de m’avoir fait découvrir le sonneur à ventre jaune et le crapaud calamite ! Je voulais voir et photographier les amphibiens du Forez, c’est chose faite grâce à toi. Sans oublier les journées bricolages et les soirées pizza !

Je tiens à remercier Aline TIROUFLET (toujours motivée) de m’avoir tant aidé pendant mes inventaires, de participer activement à l’amélioration de mon site web et d’avoir été attentive à mes « leçons » sur les amphibiens, reptiles et toutes sortes de petites bêtes. Merci de m’avoir appris à jouer à la belote, à reconnaître les indices de présence du castor et pour tous les bons moments passés ensemble. 

Merci à Nastasia SURRAND de m’avoir accepté pendant les inventaires flore (Crassula et espèces patrimoniales/invasives), d’avoir toujours été motivée pour les sorties naturalistes et de m’avoir appris le nom de quelques plantes que j’ai peut-être déjà oublié. 

Merci à Blandine FLORAND pour la découverte de ses corridors écologiques, les fous rires, sa bonne humeur contagieuse et les inventaires nocturnes passionnants. 

Merci à Océane ANTY de m’avoir partagé sa passion pour la photographie animalière ! Son site web ici 😉 

Merci à Marie et Amélie d’avoir toujours été à l’écoute pour répondre à toutes mes questions sur les odonates, les plantes, le plan de gestion, le SIG, etc. 

Je souhaite également remercier tous les naturalistes de l’Ecopôle et les amis rencontrés lors de cette aventure ! Merci à Katia et David, Mélody, Caro, Quentin, Ludo, Mick, Diane, Sarah, Eric, Jean-Lou, Théo, Léo et Maxime 🙂

A propos Antoine CSUTOROS

Photographe animalier amateur
Lien pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Heureux de voir que ton stage se passe bien Antoine : )
    Continue à partager ta passion comme cela, c’est toujours un plaisir de te lire !
    Et t’es photos sont toujours aussi belles et très intéressantes

    Avec joie de rediscuter ensembles un de ces quatres

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