Les amphibiens brétilliens


Les amphibiens sont mes animaux préférés. J’adore les photographier et les observer de jour, comme de nuit.

En Ille-et-Vilaine, il est possible d’observer au moins 14 espèces d’amphibiens. Parmi elles, j’ai pu en photographier 10. On distingue 8 espèces d’anoures et 6 espèces d’urodèles. L’Ille-et-Vilaine présente une belle richesse spécifique, mais une moins bonne diversité en raison d’espèces localisées ou rares.

Les anoures (Anoura)

Les espèces d’anoures les plus communes sont la grenouille verte (Pelophylax sp.), le crapaud épineux (Bufo spinosus), la grenouille rousse (Rana temporaria), la grenouille agile (Rana dalmatina) et la rainette verte (Hyla arborea). D’autres espèces plus rares sont également observées comme l’alyte accoucheur (Alytes obstetricans), le crapaud calamite (Epidalea calamita) et le pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus).

On retrouve 3 espèces essentiellement forestières en Ille-et-Vilaine : Bufo spinosus, Rana temporaria et Rana dalmatina. Cette dernière fréquence également les prairies en lisière de boisement.

Une espèce qui arrive à coloniser presque tous les milieux aquatiques est la grenouille verte (Pelophylax sp.). Il est difficile de trouver un point d’eau en l’absence de cet amphibien.

La rainette verte (Hyla arborea) est un anoure arboricole qui vit dans des marécages, dans des lagunes ou dans des mares. Il est est possible de l’observer dans les haies ou dans les jardins se dorant au soleil.

Le crapaud calamite (Epidalea calamita) et le pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) sont deux espèces pionnières rares en Ille-et-Vilaine.

Les urodèles (Urodela)

L’espèce d’urodèle la plus commune est la salamandre tachetée (Salamandra salamandra). En Ille-et-Vilaine, il s’agit de la sous-espèce terrestris. Vous pouvez accéder à un de mes articles sur cette espèce en cliquant ici. Il est assez facile d’observer le triton palmé (Lissotriton helveticus), le triton alpestre (Ichthyausora alpestris) et le triton marbré (Triturus marmoratus). D’autres espèces plus rares sont également observées comme le triton crêté (Triturus cristatus) et le triton ponctué (Lissotriton vulgaris).

Amphibiens
Salamandra salamandra

Les excursions :

L’hiver a été doux en 2018-2019. Si doux (5°C), qu’il est d’ores et déjà possible d’observer des amphibiens en Ille-et-Vilaine…

Salamandra salamandra à Québriac

La lagune de Québriac est située à côté d’un boisement. Un ruisseau entouré de saules s’écoule non loin et de temps en temps, inonde une prairie marécageuse. Plus loin, se trouvent les douves du château et un bosquet. 

Début octobre les amphibiens commençaient à sortir de leurs cachettes. À 17 h sous la pluie, j’ai décidé de me rendre dans le boisement avec mon appareil photo en main (équipé de mon nouvel objectif macro et d’une housse anti-pluie). J’ai pris soin d’ajouter un diffuseur et un filtre jaune sur mon flash cobra pour avoir une lumière plus douce et naturelle. J’ai ainsi observé 8 salamandres tachetées (Salamandra salamandra).

Une semaine après cette découverte, je décide d’y retourner. Toujours avec le même succès ! J’y ai même fait la rencontre d’une femelle triton marbré en phase terrestre. Elle était en migration vers ses quartiers d’hiver.

Une salamandre a retenu mon attention en regardant les photos, elle a la face déformée au niveau du museau. Comme s’il était plus court que la moyenne et séparé par une crevasse. Une illusion d’optique ? Mystère…

Dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier

C’est dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier que je soupçonnais la présence d’une population de salamandres tachetées (Salamandra salamandra). En effet, le milieu est parfait pour ces animaux. Une forêt de feuillus (hêtraie) et des ruisseaux forestiers. Je m’y suis rendu en fin de journée, profitant des premières pluies d’octobre. Les salamandres étaient au rendez-vous : 42 individus la première soirée et 53 la deuxième !

Salamandra salamandra
Salamandra salamandra

Je me suis imposé un protocole photographique pour minimiser les perturbations. Cette fois, je me suis limité à 3 photos par individu (j’en prenais 2 en général). De plus, une salamandre en mouvement n’était pas photographiée.

En plus des salamandres, j’ai pu observer un crapaud épineux (Bufo spinosus), escaladant 2 troncs d’arbre à la verticale. Cet anoure était à une hauteur de 80 cm ! Plutôt impressionnant pour un crapaud. Pourquoi un tel comportement ? Tel est la question.

Bufo sp.
Bufo spinosus

Quelques jours plus tard, ce n’était pas un crapaud qui grimpait dans un arbre, mais bien une salamandre, à 60 cm de hauteur ! Elle triple le record d’escalade (détenu précédemment pas une salamandre que j’avais observé à Paimpont).

Salamandra salamandra
Salamandra salamandra

D’autres animaux ont croisés mon chemin : un triton marbré (Triturus marmoratus), une grenouille agile (Rana dalmatina) et des écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) qui est une espèce autochtone.

Tritons de Québriac

Au crépuscule, une bruine humecte le sol de Québriac. Les feuilles mortes sont comme caressées par les gouttes d’eau. Un parfum de sous-bois se répand dans l’air. Il s’agit du « pétrichor », un nom un peu barbare pour désigner l’odeur de l’air après la pluie. Ce phénomène s’explique par la sécrétion de liquides huileux et pigments par les plantes, les bactéries et les champignons.

Cette excursion nocturne est dédiée à la migration des amphibiens et plus particulièrement à celle des urodèles. Je m’aventure alors dans le jardin d’un voisin. Ce jardin est un paradis pour des passionnés d’amphibiens. À peine ai-je fait quelques pas, que mon regard se pose sur une minuscule créature bleutée et orangée. La position de ce triton alpestre était plutôt originale. On ne voyait que sa tête et le bout de sa queue dépasser de la mousse.

En revenant sur mes pas, j’ai eu la chance d’apercevoir un grand mâle. Il arbore sa parure nuptiale, avec de jolies marbrures bleues et blanches. Il ne lui reste qu’à parcourir les 100 mètres qui le sépare de la lagune pour trouver la compagne idéale.

Au total, 6 tritons alpestres ont été observés.

À ma grande surprise, j’ai pu dénombrer 13 tritons marbrés sur les tas de feuilles mortes. Certains sortaient des grilles d’aération du sous-sol de la maison. J’étais loin de soupçonner un tel comportement et une telle concentration d’individus en un même endroit.

Triturus marmoratus
Triturus marmoratus

La forêt de Saint-Aubin-du-Cormier au mois de Janvier

Aussi appelée forêt de Haute-Sève, la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier est un boisement de chênes et de hêtres. De petits ruisseaux et quelques réseaux de mares la traversent. Elle abrite une belle diversité d’amphibiens. On peut y trouver les espèces suivantes :

  • Le triton palmé (Lissotriton helveticus)
  • Le triton marbré (Triturus marmoratus)
  • Le triton alpestre (Ichtyosaura alpestris)
  • La salamandre tachetée (Salamandra salamandra terrestris)
  • La grenouille rousse (Rana temporaria)
  • La grenouille agile (Rana dalmatina)
  • La grenouille verte (Pelophylax sp.)
  • Le crapaud épineux (Bufo spinosus)

Première sortie, le 19 janvier

Pour cette première sortie, deux amis et ma cousine m’ont accompagné. Nous étions à la recherche de salamandres dans une partie de la forêt que je ne connaissais pas. Après les premières gouttes de pluie et
quelques minutes de marche, nous observons des salamandres tachetées.

Quelle fut notre surprise, lors de notre départ, de trouver une grenouille rousse sur la route. C’est la première fois que je vois cette espèce en Ille-et-Vilaine. Je suppose que l’individu que nous avons approché était une femelle, en raison de la taille de son ventre. Après cette observation, nous avons finalement continué la prospection nocturne. Nous sommes allés dans la partie de la forêt que je connais bien. Nous y avons vu des grenouilles rousses, des grenouilles agiles et des salamandres tachetées.

Deuxième sortie, le 26 janvier

Pour cette deuxième sortie, seule ma cousine est venue avec moi. Nous étions à la recherche de grenouilles rousses. Les anoures nageaient dans une flaque d’eau, tandis que les écrevisses marchaient sur le fond sableux d’un ruisseau.

En longeant le cours d’eau, nous avons pu observer un couple d’amphibiens. Le mâle s’accrochait fermement au dos de la femelle à l’aide de ses membres antérieurs. Cette position d’accouplement est caractéristique chez les anoures et s’appelle l’amplexus. Ce duo inséparable s’est montré très coopératif lors de la prise de photos.

Rana temporaria
Rana temporaria

Au retour, des salamandres et un triton palmé ont croisé notre chemin, mettant fin à cette belle soirée d’hiver.

Les amphibiens en automne

Le 23 et 25 septembre, dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier

L’été était long et sec, je regardais les mares et les ruisseaux s’assécher en attendant les pluies d’automnes. Il était possible de trouver par endroit quelques flaques au fond des ruisseaux forestiers où les écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) mourraient à petit feu…

Dès le 23 septembre, les nuages se sont réveillés et la pluie est tombée, comme par miracle, tellement elle était attendue. La litière s’humidifiait au fil de la journée, la pluie allait continuer de tomber toute la nuit et le vent n’était pas présent. En bref, avec une quinzaine de degrés Celsius dans l’air, les conditions étaient parfaites pour observer des amphibiens !

Salamandra salamandra
Salamandra salamandra

À peine avais-je quitté la voiture que je tombais sur mes premières salamandres tachetées (Salamandra salamandra), cela faisait 8 mois que je n’en avais pas vu. Au total de 70 individus ont été observés en 1 heure 30 (sur une surface de 100 mètres par 300 mètres, soit 3 hectares). La population n’a pas l’air d’avoir trop souffert de la sécheresse estivale.

Certaines salamandres grippaient et des carabes chassaient sur les troncs d’arbres. Certains avec des reflets violacés comme Carabus problematicus. Ce coléoptère est un magnifique prédateur qui a l’air redoutable pour ses proies (gastéropodes).

J’ai croisé le chemin de quelques grenouilles. Certaines étaient amaigries par leur estivation. Le 25, nous avons observé un triton palmé (Lissotriton helveticus) « posé » sur une feuille. Comment est-il arrivé ici ? Et pourquoi ? Ces animaux ne cesseront jamais de me surprendre et de m’émerveiller.

En fin de soirée (22 heures 30), j’ai photographié une grenouille agile (Rana dalmatina) sur le chemin de pierres. Cet individu était particulièrement clair par rapport à d’autres de la même population.

Rana dalmatina
Rana dalmatina

Le 28 septembre, dans la forêt de Paimpont

Ce samedi, je suis parti avec un groupe d’amis écouter le brame du cerf (Cervus elaphus) dans la forêt de Paimpont. C’était une première pour moi, les cris étaient très puissants, on pouvait les entendre de l’autre côté de l’étang. Après cette écoute, nous nous sommes empressés de nous aventurer dans le boisement. Rapidement, nous sommes tombés sur un triton alpestre mâle en phase terrestre (Ichthyosaura alpestris). Celui-ci était en position statique sur la mousse d’un tronc d’arbre.

Ichthyosaura alpestris
Ichthyosaura alpestris

Un peu plus tard dans la soirée, nous avons observé quelques salamandres, une grenouille verte (Pelophylax sp.) et une Dysdera sp. qui se baladait avec sa proie : un cloporte.

Le 30 septembre, dans la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier

Les grenouilles étaient particulièrement présentes ce soir. J’ai constaté que la plupart des amphibiens avaient tendance à grimper aux arbres couvert de mousse. Ils cherchaient certainement à profiter de l’humidité emmagasinée par les bryophytes et par l’eau coulant du tronc lorsqu’il pleuvait.

Rana temporaria
Rana temporaria

Les écrevisses à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) étaient nombreuses dans le ruisseau qui s’est vite remplit d’eau. Elles ont l’air aussi nombreuses que l’année dernière.

En fin de soirée, je suis allé jeter un coup d’œil sur la route pour avoir un aperçu des dégâts sur les amphibiens. Le résultat est plutôt positif : « seulement » une grenouille agile (Rana dalmatina) a été victime d’un véhicule.

Un triton marbré (Triturus marmoratus) s’était lui aussi aventuré sur la route. Par chance, il n’en a pas subi les frais. Je l’ai transporté de l’autre côté et en ai profité pour le photographier avant de renter chez moi.

Triturus marmoratus
Triturus marmoratus

Le 7 et le 8 octobre, dans la forêt de Rennes

Il était temps de changer de la forêt de Saint-Aubin-du-Cormier. J’ai décidé lors d’une soirée pluvieuse et d’une soirée sèche de sortir dans la forêt de Rennes à la recherche d’amphibiens.

Sur le premier sentier, j’ai pu assister à une scène plutôt rare de la vie des salamandres : un accouplement. Lors de celui-ci, le mâle se place sous la femelle et la bloque en s’appuyant sur ses membres antérieurs. Le mâle agite son dos et sa queue pour stimuler le cloaque de la femelle (orifice pour la reproduction et l’évacuation des déchets). Le mâle dépose un spermatophore en forme de pyramide, la femelle va alors le faire rentrer dans son cloaque. Elle pourra conserver les spermatozoïdes jusqu’à 2 ans après l’accouplement.

De très petits individus de Lissotriton helveticus traversaient les sentiers bitumés de la forêt. De temps en temps, il était possible de croiser le chemin d’une salamandre (Salamandra salamandra) et même d’un jeune crapaud épineux (Bufo spinosus).

Pendant ces deux soirées, j’ai observé une cinquantaine de salamandres.

Salamandra salamandra
Salamandra salamandra

Une grenouille rousse (Rana temporaria) et un triton alpestre (Ichthyausora alpestris) ont été ajouté à la liste des espèces d’amphibiens de la forêt de Rennes.

Combat de salamandres tachetées mâles (Salamandra salamandra)

Un événement encore plus rare qu’un accouplement : un combat de mâles. Au début, j’avais pensé à une tentative d’accouplement sur une femelle qui ne voulait pas subir les assauts du mâle. Après discussion avec d’autres passionnés, il s’avère que ce comportement reflète plutôt d’un combat de mâle. En effet, lors d’une tentative d’accouplement, le mâle cherche à se glisser sous la femelle. Ici, il essayait de monter dessus et de le retourner.

Salamandra salamandra - combat de mâles
Salamandra salamandra – combat de mâles

Ce combat était d’une violence inouïe quand on pense à la « lenteur » habituelle des salamandres. Un mâle se faisait clairement dominé et cherchait à fuir son assaillant. Ce combat a duré quelques minutes et les deux mâles sont ensuite partis chacun de leur côté.

Le 16 octobre, dans la forêt de Rennes

Probablement l’une des dernières sorties à Rennes de la saison. J’ai eu l’occasion d’observer 3 crapauds épineux (Bufo spinosus). Les 3 spécimens étaient de taille adultes et se laissait difficilement photographier. Nous avons aussi observé un triton palmé (Lissotriton helveticus) traversant un des chemins forestiers goudronné.

Cette excursion nocturne, s’est accompagnée de l’observation de 71 salamandres tachetées (Salamandra salamandra). J’ai pu voir un comportement intéressant : la prédation d’une jeune salamandre sur un lombric. La proie était aussi longue que le corps du prédateur, je n’ai pas eu la patiente d’attendre pour savoir si elle a réussi à dévorer l’animal. Quelques motifs atypiques ont pu être observés sur certains individus.

Le 30 octobre, à Québriac

Lors d’une soirée pluvieuse, je décide de retourner dans le boisement à proximité de la lagune et dans le jardin du voisin. J’ai vu plus d’une dizaine de tritons marbrés (Triturus marmoratus) en migration vers leurs quartiers d’hiver.

Triturus marmoratus
Triturus marmoratus

Les salamandres (Salamandra salamandra) étaient plus nombreuses que d’habitude, avec 18 individus observés. La plupart étaient de grande taille (supérieure à 18 centimètres). J’ai pu photographier une tentative et un accouplement. Le mâle était particulièrement actif et stimulait le cloaque de la femelle avec entrain.

Triturus marmoratus
Triturus marmoratus

2020, encore un hiver en douceur pour les amphibiens !

Comme les années précédentes, la majorité des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris) que j’ai observés cet hiver étaient en migration prénuptiale (une majorité de mâles) sur le muret d’un riverain de Québriac.

Une surprise dans la forêt de Rennes fut la découverte d’un individu de triton marbré en rejoignant le parking. Cette grande femelle m’a fait l’honneur de quelques photographies sur un tapis de mousse. J’ai malheureusement vu un spécimen victime de la route…

À Québriac, j’ai eu le temps de photographier une femelle qui se cachait sous un tas de feuilles mortes.

Lorsque les amphibiens se font plus rares, je cherche quelques invertébrés nocturnes à photographier, tel que les Oniscidea (cloportes). Ces animaux se trouvent facilement sur les bryophytes (mousses) ou sur les troncs d’arbres.

Les tritons palmés (Lissotriton helveticus) étaient très nombreux dans les flaques d’eau au mois de janvier. 200 individus (dénombrés sur un linéaire de 2,3 km) partageaient les flaques et les ornières avec des larves de salamandres tachetées (Salamandra salamandra). De temps en temps, un triton alpestre leur tenait compagnie.

Il était facile d’observer des mâles en parade nuptiale. Lors de la parade, le mâle se positionne en face d’une femelle, écarte les pattes, aligne sa queue le long de son corps et la fait onduler.

La plupart des femelles étaient gravides (pleines d’œufs) et certaines commençaient à pondre dans les herbes aquatiques dès février.

En janvier, la période de reproduction débute pour les grenouilles rousses (Rana temporaria). En forêt de Rennes et en forêt de Haute-Sève (Saint-Aubin-du-Cormier), les grenouilles étaient très actives dans les flaques et les fossés. Les pontes étaient nombreuses et les tritons palmés n’hésitaient pas à manger quelques oeufs fraîchement pondus.

Un individu présentait une particularité étonnante : la disparition de son œil gauche (une prédation en est certainement à l’origine). Il est possible de voir la cicatrisation sur une photo ci-dessous.

Les salamandres tachetées (Salamandra salamandra) étaient peu présentes cet hiver (par rapport à l’automne 2019 et aux hivers précédents), malgré des conditions météorologiques très satisfaisantes. J’ai tout de même pu faire quelques observations intéressantes, à commencer par une femelle en train d’expulser ses larves. Elle se maintenait à la surface de l’eau d’un fossé à l’aide d’une branche (forêt de Rennes).

Les larves de salamandres étaient en grand nombre dans les flaques et les ornières, j’en ai dénombré plus de 300 en une soirée ! De tailles et d’âges très variables, les salamandres ont expulsé leurs larves en fin d’automne et au milieu de l’hiver.

J’ai également pu voir une dizaine de salamandres pendant une soirée fraîche et humide (4°C). Un des individus observés comportait des taches jaunes réduites et la présence de mouchetures rouges sur le corps.

Pour finir, j’ai photographié une scène de prédation d’une salamandre tachetée sur une imposante limace (Arion sp.). La salamandre a commencé par mordre une première fois le mollusque, puis utilisait ses pattes postérieures pour se stabiliser et donnait des coups de tête latéralement pour tenter de déchiqueter la limace. Elle finit par mordre la limace à sa moitié. Après avoir cherché d’autres amphibiens, je suis retourné constater ce qu’il était advenu de la limace. J’ai retrouvé la salamandre un peu plus loin et la limace éventrée. Le mollusque devait être trop gros pour le prédateur qui a abandonné sa proie…

Début février, la migration des crapauds épineux (Bufo spinosus) vers leurs sites de reproduction bat son plein. Une majorité de mâles sont ainsi postés, les membres antérieurs dressés, aux aguets d’une femelle. J’ai pu observer des amplexus. La différence de taille entre mâle et femelle est impressionnante. De jour, j’ai pu voir une femelle assaillie par 4 mâles en même temps, s’écrasant les uns sur les autres. La femelle restait au fond de l’eau et de temps en temps elle remontait pour prendre une bouffée d’air.

Encore un crapaud escaladeur ! Ce petit bonhomme grimpait sur un tronc, peut-être à la recherche des coléoptères qui se baladent sur l’écorce et les mousses.

Je ne m’attendais pas à observer une grenouille verte (Pelophylax sp.) et encore moins une rainette verte (Hyla arborea) dès début février. La grenouille verte a été observée à Saint-Jacques-de-la-Lande sur un chemin. La rainette traversait une route de Québriac en bondissant. Heureusement, elle s’est arrêtée au milieu et a évité les pneus de la voiture. Après avoir eu le droit à un shooting photo, elle a été déplacée dans la prairie en face de la route.

Une sortie amphibiens pas comme les autres…

Ce soir-là, le vent soufflait fort et la pluie détrempait le sol. Les conditions n’étaient pas parfaites, mais j’ai pu faire une sortie amphibiens plutôt originale. Je soupçonnai la présence d’amphibiens dans le vide sanitaire d’un voisin québriacois depuis que j’avais vu des tritons marbrés (Tritutus marmoratus) sortir des grilles d’aérations. Accompagné de Julien et de ma mère, je me suis aventuré dans un sous-sol de 60 cm de haut et de la profondeur de la maison. Le substrat était argileux et plutôt sec. La progression était rapide et nous sommes vite tombé sur un triton marbré en phase terrestre. Au vu de sa ligne vertébrale renflée et barrée de sombre, il s’agissait d’un mâle. Plus loin, nous avons observé une salamandre tachetée (Salamandra salamandra) et des tritons alpestres (Ichthyosaura alpestris). D’autres tritons marbrés étaient « entassés » au niveau des grilles d’aération.

L’accès à ces grilles semble difficile pour ces amphibiens. C’est pourquoi j’ai décidé d’y retourner afin d’ajouter une passerelle en bois pour qu’ils puissent sortir. J’étais accompagné d’une amie qui voulait explorer ce vide sanitaire. Nous n’avons pas revu la salamandre tachetée qui était dans la deuxième « pièce » du vide sanitaire. Pourtant, Mélinda s’est efforcée de ramper jusqu’au fond des pièces pour tenter de l’apercevoir.

Après cette mission de sauvetage, nous sommes allés dans les landes de Tanouarn et avons observé les têtards de grenouilles rousses (Rana temporaria) qui avaient bien grossi par rapport à la dernière fois.

Nous avons également observé des salamandres dans le boisement, dont une grosse femelle qui n’avait pas encore expulsé ses larves.

Sur la route du retour, nous avons pu photographier une énorme femelle rainette verte (Hyla arborea). Au vu de la largeur de son abdomen, elle était gravide (pleine d’œufs).

De retour une semaine plus tard (11/03/2019), les têtards de grenouilles rousses grandissent toujours un peu plus. Le niveau d’eau des flaques diminue vite et certains têtards n’auront pas le temps de se métamorphoser. Les larves de salamandres qui les accompagnaient, nageait au bord de la flaque me permettant de limiter la distorsion sur mes photos liée à la réfraction de la lumière dans l’eau.

Un peu plus loin, un triton marbré mâle traversait la lande. Toujours en phase terrestre, il était un peu en retard par rapport à ses congénères qui sont dans l’eau depuis un mois.

Sur la route du retour, nous avons de nouveau croisé une rainette verte.

Après une inspection rapide du jardin de mon voisin, j’ai pu photographier une femelle en phase terrestre qui se déplaçait dans le gazon.

Excursions aux parc des Gayeulles

Le parc des Gayeulles est localisé en périphérie du centre-ville de Rennes. Cet espace vert regroupe des milieux aquatiques (étangs, mares, ruisseaux), des prairies et boisement. Il est fortement urbanisé et comporte de nombreux chemins. Malgré cela, il est possible d’y observer des amphibiens. Lors d’une sortie que j’avais organisée avec le CNER (Cercle Naturaliste des Etudiants Rennais), nous avons pu voir des crapauds épineux (Bufo spinosus) en migration prénuptiale. Le lendemain, il étaient plus de 300 sur les chemins. Quelques mâles ont eu la chance d’attraper une femelle.

Certains mâles se postaient dos à dos, scrutant chacun de leur côté le chemin en quête d’une femelle. Cette stratégie permet probablement d’augmenter les chances de trouver une femelle, mais doit entraîner un conflit entre mâle lorsqu’ils arrivent sur elle.

D’autres amphibiens sont observables dans ce parc : la salamandre tachetée (Salamandra salamandra) et la grenouille agile (Rana dalmatina).

À la recherche du pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus) au sud de Rennes

Après avoir vu mes premiers pélodytes ponctués adultes (Pelodytes punctatus) à Locmariaquer, je voulais en photographier en Ille-et-Vilaine, afin d’alimenter au mieux cet article sur les amphibiens brétilliens.

Pour ce faire, je me suis rendu au sud de Rennes avec quelques amis passionnés. Nous avons pu voir notre premier individu sur la route, qui était malheureusement victime de celle-ci. Quelques « pétanques » résonnaient dans le champ d’à côté. Cela ne faisait aucun doute, les pélodytes ponctués chantaient dans les flaques.

Après une bonne demi-heure à les chercher, nous sommes tombé sur une énorme rainette verte gravide (Hyla arborea).

Après cette observation encourageante, les recherches ont repris. La lampe éteinte, chacun tentait de s’approcher d’un mâle chanteur. Nous avons finalement pu en observer un et le photographier.

Crapauds calamites (Epidalea calamita) en reproduction à Châtillon-en-Vendelais

Les conditions météorologiques en ce début d’année 2020 étaient favorables pour les espèces les plus tardives. Le crapaud calamite (Epidalea calamita) est une espèce que j’avais beaucoup observée lors de mon stage en Loire. Je connaissais l’existence de quelques populations en Ille-et-Vilaine, mais je n’avais jusqu’alors pas eu l’occasion d’aller les voir.

C’est grâce à Benoît Duhamel que j’ai pu photographier cet amphibien en Ille-et-Vilaine. Ce fin connaisseur de l’espèce avait réalisé un stage sur la population de Châtillon-en-Vendelais, probablement la plus grosse du département.

Epidalea calamita
Epidalea calamita

Le 12 mars, nous sommes allés à leur rencontre. La période de reproduction avait commencé et les mâles chantaient en cœurs, accompagnés par quelques rainettes vertes. Quelques amplexus étaient déjà en cours dans le marécage.

Au bord de la route un hérisson européen (Erinaceus europaeus) s’est mis en position défensive (en boule et épines dressées) lorsqu’il a croisé les phares de la voiture.

Le printemps est là !

J’ai eu la chance de partager le jardin avec une rainette verte (Hyla arborea). Elle passait son temps à lézarder au soleil dans le même arbuste à côté du bassin. D’une coopération à toute épreuve, j’ai pu m’approcher d’elle sans qu’elle ne fronce un sourcil et réalisé quelques clichés rapprochés. Au cours de la troisième semaine de confinement une deuxième rainette verte s’est invité dans le jardin. Elle était aussi ronde que la première.


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