Les libellules bretilliennes


Les odonates sont appelés couramment « libellules », à tort puisqu’au sens strict, les libellules sont les espèces du genre « Libellula », ne comportant que trois espèces en Ille-et-Vilaine. Les odonates sont, après les amphibiens, mes animaux préférés. Ces insectes sont magnifiques et offrent une multitude de possibilités en photographie.

En Ille-et-Vilaine, il est possible d’observer au moins 36 espèces d’odonates. Pour le moment, j’ai pu photographier 17 espèces de zygoptères et 19 espèces d’anisoptères brétilliens.

En raison de leur cycle de développement dépendant des milieux aquatiques, je photographie les odonates aux abords des mares, étangs et autres milieux dulcicoles.

Les zygoptères (Zygoptera)

Calopterygoidea

En Ille-et-Vilaine, deux espèces de caloptéryx vivent le long des cours d’eau : le caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) et le caloptéryx éclatant (Calopteryx splendens).

Coenagrionidea

Les espèces de Coenagrionidea sont nombreuses, ce groupe taxonomique comporte les espèces des genres : Ceriagrion, Chalcolestes, Coenagrion, Enallagma, Eythromma, Ischnura, Lestes, Platycnemis, Pyrrhosoma et Sympecma.

Les anisoptères (Anisoptera)

Aeshnoidea

Ces insectes volent sans relâche à la recherche d’une proie ou pour trouver une femelle quand il s’agit d’un mâle. Dotés d’une très bonne vue et ne se posant que rarement, les occasions de les photographier sont rares. Peu d’espèces sont présentes en Ille-et-Vilaine.

Gomphoidea

Peu d’espèces de Gomphoidea sont présentes dans le département. L’espèce la plus commune est Gomphus pulchellus. Beaucoup plus rare, Onychogomphus forcipatus est présent à la Balusais.

Libelluloidea

La famille des Libelluloidea regroupe en Ille-et-Vilaine les espèces du genre Cordulegaster, Libellula (Libellule), Orthetrum, Sympetrum, Cordulia et Oxygastra.

Un animal pourtant commun en Bretagne, le cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii), n’a croisé mon objectif qu’en été 2019. Il s’agit d’un des plus gros odonates d’Ille-et-Vilaine.

Cordulegaster boltonii
Cordulegaster boltonii

Les libellules sont des anisoptères caractérisés principalement par la présence de taches noires à la base de leurs ailes. Les trois espèces françaises sont présentes dans le 35 :

D’autres espèces comme les orthétrums et les crocothémis volent au-dessus des berges des milieux aquatiques. L’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) est une espèce rare dans le département que j’ai pu photographier à Québriac. Les autres espèces sont communes.

Les sympétrums sont les anisoptères que je photographie le plus. J’affectionne particulièrement cette famille de par leurs couleurs, leurs formes et leur taille. Ils se montrent très coopératifs, il suffit d’apprendre à les approcher et d’éviter les gestes brusques.

Nous pouvons observer en majorité trois espèces : Sympetrum meridionale, Sympetrum striolatum et Sympetrum sanguineum. Les deux dernières espèces étant les plus abondantes.

Les « libellules métalliques » sont les plus difficiles à photographier. En effet, elles se posent rarement et sont très vives. J’ai réussi à photographier en 2020 deux espèces brétilliennes : Cordulia aenea et Oxygastra curtisii.


Les excursions :

2020

Aux alentours du 8 avril, les premières larves d’odonates sortaient de l’eau pour finaliser leur transformation. Elles escaladaient les brins d’herbes ou les feuilles de joncs (Juncus sp.), puis s’immobilisaient afin de s’extirper de leur ancien exosquelette. Il s’en est suivi une longue phase pendant laquelle les ailes et l’abdomen se sont déployés. L’individu émergent était alors très vulnérable aux prédateurs.

J’ai pu observer deux espèces précoces : l’ischnure élégante (Ischnura elegans) et la petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula). Les petites nymphes au corps de feu étaient les plus nombreuses et volaient le long des berges.

J’aime beaucoup photographier cet insecte aux couleurs vives, dès qu’il est sexuellement mature. Les motifs et les couleurs de l’abdomen des femelles sont très variables. Ce petit prédateur se nourrit de diptères (mouches, moustiques…).

Les émergences de zygoptères se poursuivent avec une nuée d’ischnures élégantes (Ischnura elegans) et de pennipattes orangés (Platycnemis acutipennis). J’aime bien photographier ces espèces précoces lorsqu’elles se posent sur des supports en hauteur, ainsi leur corps se détache mieux de l’arrière-plan.

Les petites nymphes au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) sont toujours là et s’accouplent le long des berges. Quelques mâles se posaient sur les feuilles fraîchement écloses de chêne et de ronces.

Les anisoptères commencent eux aussi leurs émergences. Les premiers que j’ai observé sont les gomphes gentils (Gomphus pulchellus). Cette étape de leur cycle de développement est très délicate. La prédation, la chute et le vent sont les principales menaces qui pèsent sur ces petits êtres ailés. Avec l’âge, le corps se pare d’un jaune intense et de noir.

Plus l’été approche et plus les odonates sont nombreux. J’ai pu observer mes premières libellules à Québriac, à commencer par la libellule à quatre taches (Libellula depressa) et suivi par la libellule déprimée (Libellula depressa). Les gomphes continuent leurs émergences et les adultes leur maturation sexuelle. Les ischnures élégantes (Ischnura elegans) s’accouplaient le long des berges. Leur étreinte peu durer plusieurs heures.

Lors d’une sortie à la Balusais et à Saint-Aubin-du-Cormier, j’ai pu observer pour la première fois le gomphe vulgaire (Gomphus vulgatissimus). Cette espèce se différencie des autres gomphes par la largeur des derniers segments de son abdomen. Une joie d’avoir fait cette découverte et d’avoir pu le photographier (de loin). D’autres espèces plus communes étaient présentes comme l’orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum) et la cordulie bronzée (Cordulia aenea).

Le lendemain, j’ai décidé de retourner à Saint-Aubin-du-Cormier où je me suis attardé sur un magnifique anax empereur (Anax imperator) en cours de maturation sexuelle. La vue des odonates étant très développée, l’approche a été difficile. Cet anisoptère est particulièrement farouche et j’ai dû m’y prendre à plusieurs fois avant de pouvoir le l’immortaliser.

Je me suis ensuite parti faire un tour près d’une mare forestière de la forêt de Rennes. Les libellules étaient nombreuses sur les berges. En majorité, les mâles libellules à quatre taches (Libellula quadrimaculata) défendaient avec ardeur leurs territoires. Il était difficile de les photographier en raison des fortes chaleurs. Les libellules ne se posaient pas souvent et seulement pendant quelques secondes.

Le long des berges, j’ai aussi pu voir un anax empereur (Anax imperator). Cette femelle n’était pas peureuse et se cachait dans la végétation pour échapper aux assauts des mâles. Malheureusement, elle était souvent dans l’ombre ce qui n’est pas du plus bel effet sur les photos.

Pour photographier la cordulie bronzée (Cordulia aenea) en vol, j’ai dû faire preuve de patience. Équipe d’un objectif 100 mm sur un boîtier avec capteur plein format, la distance entre la lentille et le sujet doit être faible. Heureusement que certains mâles étaient territoriaux et me confondaient avec la végétation.

Observation d’une nouvelle espèce à Québriac : la libellule fauve (Libellula fulva). Je trouve cette espèce magnifique, et en particulier les femelles qui sont oranges une fois matures. Les mâles ont des yeux bleus très clairs, du plus bel effet. J’ai photographié quelques individus qui se posaient dans la lande.

Au bord d’un étang québriacois, les libellules déprimées (Libellula depressa) étaient très coopératives. Les mâles étaient nombreux à protéger leurs territoires. Ils se posaient sur les branches mortes.

La cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) est une espèce rare en Ille-et-Vilaine. Quelle chance d’avoir pu l’observer à Québriac et même de l’avoir pris en photo ! Un mâle orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) était farouche et s’envolait dès que je m’approchais. Avec un peu de persévérance, j’ai pu le photographier.

J’ai été surpris par un anax empereur mâle (Anax imperator) sexuellement mature qui s’est laissé photographier de près.

Je me suis heurté à quelques difficultés pour photographier les zygoptères étant plus habitué au comportement des anisoptères. Ces derniers se posent régulièrement sur les mêmes perchoirs. Ma technique consiste à s’approcher doucement du perchoir. Si l’animal s’envole, il faut se figer et attendre qu’il se repose dessus. Les zygoptères ne sont pas difficile dans le choix de leurs perchoirs et se posent où bon leur semble.

En fin de journée, les caloptéryx vierges (Calopteryx virgo) se posaient sur les feuilles en lisière de forêt de Haute-Sève (Saint-Aubin-du-Cormier). La majorité des individus présents étaient des femelles (vertes et marrons). Le mâle que j’ai photographié était en cours de maturation sexuelle. Une fois la maturité sexuelle atteinte, les ailes du mâle sont bleues marines et perdent de leur transparence.

Quelques photos prises à Québriac en fin de journée. Une de mes photos préférée est celle du pennipatte bleuâtre (Platycnemis pennipes) posée sur une herbacée dans une prairie. J’ai bravé mes réactions allergiques pour prendre cette photo ^^

Un peu plus loin, un orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) venait d’émerger. J’adore les reflets dorés sur ses articles. J’espérais une meilleure coopération. En effet, après seulement quelques photos, il est parti se poser au sommet d’un saule.

Sous une chaleur pesante en forêt de Rennes, je suis parti à la recherche d’odonates en tous genres. J’ai pu photographier un mâle orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) qui défendait son territoire et une libellule à quatre taches (Libellula quadrimaculata).

En septembre, la fin de la saison des odonates est proche. Je profite de quelques journées avec peu de vent pour faire quelques sorties. J’avais pour but d’observer les sympétrums. Ils étaient peu nombreux cette année à ma plus grande déception…

Je me suis un peu rattrapé avec une sortie à la Chambre au Loup avec des amis naturalistes et photographes.

Sympetrum sanguineum
Sympetrum sanguineum

La photo de sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum) femelle ci-dessus clôture l’année 2020 sur cette série sur mes insectes préférés.

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